J’ai lu | « Le sel de nos larmes » de Ruta Sepetys

couv24192318

Titre original : Salt to the sea

Auteur : Ruta Sepetys

Editions : Gallimard

Sortie : 2016

Genre : Historique, jeunesse

Pages : 465

Synopsis : « Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté… »


Après Big Easy qui m’avait bien plu, mais pas transcendé, j’étais à la fois excitée et craintive pour ce nouveau roman qui s’est avéré être une réussite ! 

Dans ce roman, Ruta Sepetys nous livre la plus grande tragédie maritime sous quatre points de vue. A mes yeux, l’auteur a deux grandes particularités qu’elle a su, de nouveau, mêler à la perfection. Faire vivre des personnages de fiction dans une catastrophe oubliée n’est pas donner à tout le monde, surtout au temps de la seconde guerre mondiale. Cette période, dont elle semble en être bien informée, est un peu son « dada » et c’est toujours un bijou. 

Je vais être honnête :  une légère angoisse m’avait envahie au début de la lecture pour la narration à quatre voix, car c’était une première pour l’auteur. Heureusement, c’est un sans faute. Entre culpabilité, confiance, survie, Ruta Sepetys nous conte l’histoire de quatre adolescents, livrés à eux-mêmes, qui ne sont pas si différents les uns des autres. 

« Au moment même où l’on croit que la guerre nous a pris tout ce qui nous était le plus cher au monde, on rencontre quelqu’un et on se rend compte qu’on a toujours plus à donner. »

Quatre voix, quatre personnages. Joana, Florian, Emilia & Alfred sont assailli par un passé qui les traque, la peur, le froid et une guerre interminable. Joana a une personnalité de battante et ambitieuse qui a fait que je me suis de suite attachée à elle. J’ai beaucoup apprécié le petit clin d’oeil à Lina, personnage principal de son premier roman Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre. Florian est le genre de garçon très mystérieux que j’ai tendance à apprécier puisqu’il est ni tout rose, ni tout noir. La mission dont il est chargé l’aide à avancer et à trouver une espèce d’échappatoire. Emilia a eu toute ma pitié durant toute la lecture puisqu’elle est enceinte très jeune. Une grossesse qui pose des questions et qui, au final, fait ressortir une atrocité. Tristement, Alfred se révèle être pour moi l’être qui est là au bon endroit, au bon moment, et ça s’arrête là. Son histoire est presque inexistante ce qui m’a laissé sur ma faim.  

Durant leur voyage afin d’embarquer sur le Wilhem Gustloff, quatre autres personnages sont présents. Le Poète de Chaussure, Heinz, est un homme sage, à figure paternelle, divulguant une lueur d’espoir dans la pénombre de cette atrocité. Parce que dans toute histoire, il y a l’insupportable : Eva en est la preuve. Cette femme est odieusement agressive et arrogante. Mais d’un côté, on ne peut pas lui en vouloir tant que ça au vu de l’horreur qu’elle vit. Klaus, Le Petit Enfant Perdu, est un petit garçon dont l’innocence a été à jamais détruite ; la vie n’est pas aussi belle qu’elle en a l’air… Ingrid, aveugle, a le don de voir/deviner ce que sont réellement les gens et non ce qu’ils décident de montrer. 

« Une mère, c’est une ancre dans la vie. Une mère, c’est un réconfort. Une mère, c’est un chez-soi. Une fille qui a perdu sa mère n’est plus qu’une minuscule embarcation sur une mer déchaînée. Il y a des bateaux qui finissent par atteindre le rivage. Et il en est d’autres, comme moi, qui semblent s’éloigner toujours davantage de la terre ferme. »

Histoire dévorée en seulement quatre jours, c’est un véritable coup de coeur ; s’il existe un niveau plus élevé que le coup de coeur, alors je prends. L’ambiance, les personnages, l’écriture. Tout était parfait. Ma note finale est de 21/20 (oui, oui, vous avez bien lu). Si vous n’avez pas encore lu un roman de cette auteur, je vous le conseille les yeux fermés! 

Publicités

11 réflexions sur “J’ai lu | « Le sel de nos larmes » de Ruta Sepetys

  1. auchapitre dit :

    J’ai absolument adoré ce roman! J’étais aussi un peu perplexe quant à la narration, mais j’ai adoré. Les chapitres très courts faisaient un rythme très intéressant. Pour Alfred, même s’il n’est pas attachant, j’ai aimé qu’il soit dans l’histoire. Il nous fait voir la vision d’un jeune qui était du côté de Allemands. Sa vie n’a pas été changée par la guerre de la même manière que les autres personnages, et je trouvais intéressant de voir ce contraste. 🙂 Je n’ai pas lu Big Easy, mais Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre est une lecture aussi prenante que Le sel de nos larmes, si tu as envie de retrouver l’auteure 🙂

    J'aime

    • Azkabooks dit :

      Oui, c’est vrai pour Alfred 🙂 Sinon, « Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre » est avec ce roman que j’ai découvert cette auteure et ça été un coup de cœur! Je compte le relire en Décembre ☺️ Pour « Big Easy », je te dirais de le lire mais c’est le moins bon des trois pour moi. Merci pour ton commentaire !

      J'aime

  2. Emi's_bookcases dit :

    J’avais déjà très envie de le lire depuis sa sortie mais là, ta chronique m’a plus que convaincue. J’ai un besoin limite viscéral de l’acheter maintenant tout de suite. Si à mon prochain passage à la librairie je craque, sache que ce sera en partie de ta faute. 😉

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s