Chronique | « La douleur du silence » de Marie-Béatrice Ledent

couv52167809Auteur : Marie-Béatrice Ledent

Editions : Autoétidition

Sortie : 2016

Genre : Drame

Pages : 221 (epub)

Synopsis : « A 13 ans, Martine Croin n’est qu’une jeune fille comme les autres. Contrainte de quitter sa ville et son passé pour le bien de la famille, elle s’apprête à découvrir sa nouvelle école. Devant le changement, elle se sent désarmée et s’enferme dans le silence. Mais ses nouveaux camarades de classe la considèrent comme une proie facile. Pour exorciser sa souffrance, Martine va se trouver un dangereux échappatoire… »


J’ai été contactée par l’auteur belge, Marie-Béatrice Ledent, sur Twitter afin de lire son tout premier roman et le chroniquer. Traitant d’harcèlement scolaire, j’ai acceptée cette proposition sans hésitation puisque à mes yeux, il s’agit d’un sujet de la plus haute importance. 

Avant toute chose, je tenais tout de même à préciser que je n’ai jamais été victime d’harcèlement, quelle que soit la forme. Cependant, c’est quelque chose qui est récurrent chez les adolescents et qui, désastreusement, reste un sujet tabou.

Comme tous les adolescents de son âge, Martine n’a pas la vie facile. Le changement n’est jamais facile, et c’est le cas pour Martine, cette jeune adolescente au passé tourmenté. Dés son arrivée dans la nouvelle école, Martine est victime de moqueries, de marques physiques à répétition. Cependant, elle reste dans un profond  et douloureux silence qui l’amène jusqu’à se mutiler pour « se faire du bien ». En dépit de la mutilation (que je trouve mal), Martine a une force incroyable de ne pas craquer devant les élèves de sa classe et de son école. Bien que son mental soit touché, elle garde une part de réalisme concernant le suicide : « Je ne voudrais pas causer de peine à mes parents ». Inconsciemment entourée, elle demeure seule dans sa souffrance.

« Parfois les solutions aux problèmes sont les plus simples et nous crèvent les yeux… Il suffit juste de parler. »

Du côté familiale, une mère dépressive et un père absent n’arrangent pas les choses et surtout, ils n’ont aucune connaissance de ce que subit leur fille au collège.  Gothique et au caractère bien trempé, Judy prend Martine sous son aile afin de l’aider  à surmonter tout ce cauchemar. Tristement, on se rend compte que la confiance n’est pas à son comble même si Judy fait tout possible. Cette jeune adolescente est un modèle, une battante risquant quelque chose. Du côté des harceleurs, Rebecca, Marcus et Fabrice sont connus pour être manipulateurs et surtout, mal dans leur peau. Voyant que le drame vire au véritable désastre, le courageux Fabrice se recule en s’opposant à ses deux acolytes. 

« Le silence est votre ennemi. Dites toujours ce que vous ressentez, les autres n’ont toujours pas conscience de la portée de leurs paroles ou de leurs actes. »

Cette fin surprenante donne une toute autre version de l’histoire ; c’était révélateur. Vocabulaire simple et varié, cette lecture se lit très rapidement. De manière douce et efficace, l’auteur glisse des phrases d’aide pour les victimes. Une chose m’a ennuyée pour cette lecture : nous sommes immédiatement immergé dans l’horreur du harcèlement scolaire. Dommage. J’aurais plutôt souhaiter que l’auteur attende un  ou deux chapitres, mais cela n’empêche pas la grandeur du problème.

Ce roman dramatique est une réelle prise de conscience de la gravité du harcèlement scolaire et de l’enchaînement des événements. Je ne vais pas dire que c’est une chouette lecture, car ça serait complètement paradoxal, mais ce fut une bonne lecture qui vaut un bon 18/20 et que je recommande, car nous avons tous été soit la victime ou l’harceleur ! ☆

« Pour être capable d’aimer et surtout, d’accepter l’amour de l’autre, il faut d’abord être capable de s’aimer soi-même. » 

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6 réflexions sur “Chronique | « La douleur du silence » de Marie-Béatrice Ledent

  1. Romanesquement Vôtre dit :

    J’ai l’impression qu’on parle de plus en plus du harcèlement scolaire dans les médias mais que paradoxalement, il n’y a pas d’évolution. Du moins, je le remarque, pas au niveau des enfants. Il me semble que toutes les oeuvres que l’on voit et qui traitent du sujet ne s’adressent qu’aux parents (ce qui est vraiment très bien et une avancée!), mais il faudrait aussi en parler beaucoup plus aux enfants. Tu estimes qu’il faut quel âge pour lire ce livre? J’ai bien envie de le lire et de le diffuser autour de moi s’il me plaît.
    Merci pour ta chronique 🙂
    Victoire

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    • Azkabooks dit :

      En effet, ce roman est plus dédié aux parents qu’aux victimes, mais je n’en connais pas de ce genre pour les enfants. Tu en connais peut-être ? Je suis ravie que ma chronique te plaise. 🙂 Sinon, pour ce qui est de l’âge… Je voudrais plutôt ne pas donner d’âge, mais il faut être assez mature et être à même de prendre du recul par rapport à ce que vit Martine. Mais si tu veux un âge, je dirais 16 ans, probablement. 🙂 Marika x

      Aimé par 1 personne

      • Romanesquement Vôtre dit :

        Non malheureusement je n’en connais pas et pourtant ça doit exister… J’aimerais qu’on sensibilise autant les parents et les professeurs que les enfants (notamment au niveau d’internet!).
        D’acc je vois ce que tu veux dire pour l’âge 🙂

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      • Azkabooks dit :

        Oui, les dangers d’Internet sont beaucoup plus présents dans des films que dans des romans où Internet est souvent vu que par les « points positifs » (ex : rencontre de personnes incroyables qui partagent une même passion). L’âge n’est pas un critère à prendre en compte selon moi, surtout lorsqu’on parle de ce genre de problématique. Tout est dans le « mental » si je puisse dire. 🙂

        Aimé par 1 personne

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