CHRONIQUE | « ROBINSON »

a17998
.

Laurent Demoulin
________________

Robinson
________________

Contemporain ◊  240 pages    Editions Gallimard (Blanche)

.

.

throwback-thursday-1

Robinson est une île sauvage. Robinson est un monde. Robinson est un Sisyphe heureux.
Robinson est un enfant autiste. Son père, universitaire, évoque avec délicatesse et subtilité son expérience de la paternité hors norme, où le quotidien (faire les courses, prendre le bain, se promener) devient une poésie épique. Détonantes scènes décrites dans leur violence et leur scatologie les plus crues : Robinson ne parle pas, ne se contient pas, il s’exprime dans les mêmes gestes faits et refaits, avec cependant la même joie et le même intérêt, s’achevant dans les fèces le plus souvent.  Ainsi Robinson est un adepte de Paul Valéry : «Le monde est menacé par deux choses : l’ordre et le désordre.» À cette vie au présent, unique unité de temps comprise par l’enfant, le père répond par une attention de chaque instant et ses soins constants, un humour sans faille et une éponge toujours prête. Avec intelligence et pudeur, ce père nous décrit ces microscènes dans une langue précise et maîtrisée, que son fils, privé de parole, ne saura appréhender. Peut-être est-ce là la seule raison d’être de ce texte tissé entre eux : Robinson ne le lira jamais.

throwback-thursday-8

Etant donné que l’auteur vient dans le cadre d’un de mes cours en avril, je me devais de le découvrir à travers de sa dernière publication. En plus, c’est le premier liégeois à être publié chez Gallimard ; une petite fierté liégeoise est présente !

Dans ce récit de deux cent quarante pages, Laurent Demoulin relate la vie de père avec un enfant de dix ans souffrant d’autisme ; une vie qui n’est/ne doit pas facile tous les jours ! 

Ce qui m’a particulièrement touchée dans cette lecture est la vie quotidienne du petit Robinson et de découvrir que les choses qui sont simples pour les personnes « normales » (qu’est-ce que la normalité, après tout ?) sont plus compliquées à vivre pour ce petit garçon affecté par l’autisme. Passant de la vie de famille, à des promenades, à des grandes surfaces, à des plaines de jeux, à sa chambre ou encore à une toilette, les petites choses montrant qu’il est (un peu) différent. 

❝ Encore un peu plus tôt, à table, alors que derrière nous un gentil petit soleil de printemps, inoffensif et guilleret, descendait jusqu’au sol du jardin, Zoé, du haut de ses quatre ans et demi, avait affirmé doctement : – C’est seulement les méchants qui meurent. Nous, nous ne mourrons jamais, dans notre famille.

J’ai énormément apprécié l’utilisation d’un vocabulaire très riche (en même temps, ça ne m’a pas étonné) en réussissant à le mêler à une touche d’humour plutôt agréable à la lecture, et qui fait sourire !  

En conclusion, ce récit s’est avérée être une agréable surprise et une agréable lecture qui risque d’occuper mon esprit un bon moment. C’est un ouvrage que je recommande les yeux fermés afin d’ouvrir à la réflexion. Une découverte auteur !

17/20

Publicités

5 réflexions sur “CHRONIQUE | « ROBINSON »

    • Azkabooks dit :

      Il est sorti fin 2016, et si je ne l’avais pas lu dans le cadre de mon cours, je ne suis pas sûre que je l’aurais vu passer 🙂 Ca ne fait pas de mal de sortir de sa zone de confort de temps en temps! Si jamais tu le lis, reviens vers moi pour qu’on en parle 🙂 !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s