Chronique | “The Inexplicable Logic of my Life” de Benjamin Alire Saenz 📖

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Benjamin Alire Saenz
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The Inexplicable Logic of my Life
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Jeunesse ◊  464 pages    Editions Clarion Books

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{FR} Sal a eu l’habitude de savoir que sa place était avec son père adoptif gay, leur famille mexico-américaine aimante, et sa meilleure amie, Samantha. Mais, c’est la dernière année, et soudain, Sal lance des coups, remet tout en question et réalise qu’il ne se reconnait plus. Si Sal n’est pas ce qu’il pensait être, qui est-il ? 

{EN} Sal used to know his place with his adoptive gay father, their loving Mexican-American family, and his best friend, Samantha. But it’s senior year, and suddenly Sal is throwing punches, questioning everything, and realizing he no longer knows himself. If Sal’s not who he thought he was, who is he?

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Après avoir lu et surtout, adoré le fameux Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers de cet auteur, je ne pouvais que me pencher sur ce nouveau venu (merci papa & maman pour ce cadeau d’anniversaire!) ! Étant trop impatience pour la vf, je n’ai pas hésité une seule seconde à le lire en vo. 

Dés les premières lignes, Monsieur Benjamin Alire Saenz m’a directement séduite par sa très belle plume et ce fut un plaisir de découvrir enfin un de ses écrits en langue originale. 

Pour ce qui est des personnages, je les ai tous appréciés et chacun à leur manière, avec leurs qualités et leurs défauts. Salvador, ou Sal pour les intimes, est un jeune garçon avec qui on ne pourrait que bien s’entendre. Il est d’une bonté et d’une bienveillance incroyable. Son père, Vincente, est une sublime personne à qui on raconterait sa vie et qui saurait nous remonter le moral rien qu’avec sa présence. Samantha, ou Sam, est la meilleure amie de Sal avec qui j’ai eu un peu de mal au départ, mais au fil des pages, j’ai beaucoup apprécié son amitié avec le jeune garçon. Evidemment, il y a encore d’autres personnages que je souhaite que vous découvriez par vous-même car chacun d’eux mérite que l’on pose nos yeux sur les lignes les concernants.

❝ (…) People aren’t like books – they’re not like books at all. Books make sense. People don’t. You know, like life. All these things happen, and they’re not connected. I mean, they are and they’re not, and it’s not as if my life or your life – it’s not as if our lives have this plot, you know ? It’s not like that. I mean, like some people say, we’re born, we live and then we die. Yeah, well, so fucking what ? That doesn’t say anything, does it ?❞

En plus de la belle évolution des personnages, l’auteur nous parle de plusieurs sujets comme la famille, la mort et son deuil, la vie, l’amour et bien d’autres, avec beaucoup de délicatesse et de sincérité. On voit que les mots ont été choisis avec justesse et rendent ce roman rempli de sublimes citations.

En conclusion, cette lecture a été un coup de coeur pour ses nombreux thèmes abordés, ses personnages très attachants et pour la plume originale de Benjamin Alire Saenz qui est juste sublime ! A découvrir sans aucune hésitation. ♡

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CHRONIQUE | « Everything, Everything »

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Nicola Yoon
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Everything, Everything
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Contemporain, romance ◊  360 pages    Editions Bayard

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Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

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Etant donné que Blue & moi-même voulions faire une lecture commune, nous avons décidé que ce roman serait notre première et surtout, en version originale (anglaise). Un titre et un résumé accrocheurs, on ne pouvait que se lancer !

Lorsque j’ai commencé les premières pages du récit, j’ai pris peur. Non pas parce que c’est en anglais, mais plutôt par : est-ce que je fais bien d’en espérer beaucoup ? Tout cela est dû des très bons retours à son sujet. Heureusement, la peur s’est très vite estompée, à mon plus grand plaisir.

Abordant un sujet de l’enfant-bulle que je ne connaissais pas m’a permis de m’intéresser au cas de Madeline (ou Maddy, pour les intimes) et de comprendre en essayant de me mettre à sa place et en m’imaginant ce que ça ferait si je ne pouvais pas/plus sortir à l’extérieur. 

Concernant les personnages… Le personnage principal de Maddy a connu des hauts et des bas à mon égard. Au début, j’ai eu énormément de mal avec elle et c’est dû à la sur-protection qu’elle subit avec son entourage. Heureusement, lorsque le fameux garçon est apparu, je l’ai tout de suite sentie plus relâchée et plus sûre d’elle-même sur ce qu’elle voulait faire et être. Le fait qu’elle soit une grande lectrice m’a aidé à me sentir proche d’elle. Une très belle évolution de son côté ! Par contre, la mère de Madeline n’a aucune évolution et a réussi à m’agacer du début à la fin de part son comportement égoïste. Cependant, l’infirmière Carla m’a particulièrement touchée de part sa sagesse et sa relation de complicité avec Maddy. Pour ce qui est de la gente masculine, j’ai eu un énorme COUP DE COEUR pour Olly : ce garçon est la perfection incarnée !  

❝  Everything’s a risk. Not doing anything is a risk. It’s up to you. 

Pour ce qui est de l’histoire d’amour en elle-même, je l’ai trouvée très belle, juste et surtout, sans cliché. La manière dont les choses évoluent rend cela d’une beauté hors norme, mais je crois au plus profond de moi qu’Olly y est pour beaucoup ! 

Tout au long du roman, les chapitres « Life is short » et « Madeline’s dictionary » m’ont énormément plu, surtout que c’était en fonction de l’état du moment ; ça nous aide à la connaître davantage. Malgré une fin un peu trop ouverte à mon goût, elle me satisfait finalement bien ! 

En conclusion, cette histoire entre Maddy & Olly est l’une des plus belles histoires d’amour que j’ai jamais lu de toute ma vie!! Un coup de coeur que je conseille les yeux fermés ! 

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CHRONIQUE | « Quelques minutes après minuit »

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Patrick Ness & Siobhan Dowd
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Quelques minutes après minuit
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Jeunesse, drame_193 pages _Editions Folio (Junior)

 

 

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Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. A minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l’apparence d’un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage. Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour: sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école. Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

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Après quelques années à être attirée par la plume de Patrick Ness, je suis ravie d’avoir enfin sauté le pas. Acheté vendredi treize, ce livre n’a guère fait long feu dans ma pile à lire car il m’était intriguant et les (très) bons avis dessus m’ont aidé à me jeter dessus au plus vite. 

Dés les premières lignes, j’ai saisi que j’allais adorer ce récit, et c’est le cas. J’ai beaucoup aimé l’écriture de Patrick Ness, certes un peu enfantine, mais adaptée au récit et à l’âge de Conor O’Malley, notre personnage principal. Les descriptions, ni trop peu ni de trop, sont simples et complètes permettant très bien d’imaginer l’histoire. 

Âgé de treize ans, Conor O’Malley est un jeune garçon assez discret et à qui on peut forcément s’identifier et s’attacher. L’amour et la foi qu’il a envers sa maman est juste incroyablement touchant. Il est très débrouillard. L’harcèlement m’a beaucoup agacé, mais était très bien représenté. La maman est une femme extrêmement forte et elle m’a beaucoup rappelé quelqu’un de mon entourage et ce point là, fut très émouvant. Avec la grand-mère, j’ai plutôt ri et j’ai eu beaucoup de mal avec elle et surtout avec la façon dont elle traite Conor. Même si, au fond, je comprends que c’est pour l’aider à s’en sortir, mais le garçon n’a seulement treize ans et n’arrive pas à accepter la disparition de sa mère ; elle aurait dû être plus douce, selon moi. Quant au père, absent, je ne le comprends pas et ne l’aime pas ; qu’il mette Conor en dernier sur le podium alors que celui-ci vit une période très difficile m’a mise hors de moi. S’il ne le fait pas pour son ex-femme, qu’il le fasse au moins pour son fils.

❝ On n’écrit pas sa vie avec des mots. On l’écrit avec des actes.
Ce que tu penses n’est pas important. C’est ce que tu fais qui compte. ❞

Même si l’arrivée du monstre ne présage rien de bon du côté de Conor, j’ai savouré leurs échanges. Le fait que le monstre dise un peu « Je parle, et puis, c’est à ton tour » m’a joliment plu. Comment accepter le décès d’un être cher ? Ce n’est déjà pas facile à tout âge, mais si jeune, c’est encore pire. L’arbre-monstre est d’une aide et une force inexprimable ! 

A vrai dire, ce titre m’a chamboulé car il a touché des sujets bouleversants. Je suis passé par le coeur lourd, les larmes, le passé, le soutien. A la fois poignant, poétique, (très) vrai et réaliste, ce petit récit de moins de deux cents pages a été un véritable coup de coeur ! ♡

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Mes coup de coeur de 2016 ♡

Hello la compagnie! 🙂

L’année 2016 touche à sa fin en ce 31 décembre 2016… Ce fut une année très livresque avec quarante-cinq livres lus ; ça peut paraître peu pour certain(e)s, mais pour moi, c’est assez dingue ! J’ai eu des bonnes lectures, de moins bonnes, mais aussi de véritables coups de coeur que je voudrais partager avec vous dans cet article. 

Wonder – PJ Palacio

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La 5è vague (T1) – Rick Yancey

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Aristote & Dante découvrent les secrets de l’univers – Benjamin Alire Saenz

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Jamais deux sans toi – Jojo Moyes

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Les carnets de Cerise ~ Joris Chamblain & Aurélie Neyret

( Chronique T1 )

Les carnets de Cerise

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Le sel de nos larmes – Ruta Sepetys

( Chronique )

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Journal d’un vampire en pyjama – Mathias Malzieu

( Chronique )

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Memorex – Cindy Van Wilder

( Chronique )

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Un havre de paix – Nicolas Sparks

( Chronique )

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Un fragile espoir – Hannah Richell

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A mes yeux, si ces romans sont dans mes « coups de coeur » de l’année 2016, aucun autre mot est plus puissant que cette appellation. Comme vous avez pu le voir, je vous ai redirigé vers certaines chroniques qui sont là pour vous convaincre davantage ! 🙂 

Quels sont vos coups de coeur de 2016 ?

Cet article est le dernier de 2016, déjà. Je voudrais vous remercier de tout coeur d’être présent pour le blog, de me suivre (vous êtes plus de 50 abonnés !), de liker & de commenter. C’est un réel plaisir quotidien de partager avec vous ! ♡ Comme dis recemment, je compte faire quelques changements & améliorations pour 2017 ! 

With love, 

Marika ☽

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Je vous souhaite d’ores et déjà une excellente année 2017 remplie de bonnes choses ! 🎊

Chronique | « Memorex » de Cindy Van Wilder

couv58804527Auteur : Cindy Van Wilder 

Editions : GulfStream

Collection : Electrogène

Sortie : 2016

Genre : Jeunesse, thriller

Pages : 403

Synopsis :  » 2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l’île familiale. Un an qu’Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s’est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l’île : c’est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au coeur de l’énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous. » 


Cela faisait un petit temps que je voulais découvrir la plume de Cindy Van Wilder puisque non seulement elle est belge (comme moi), mais j’entendais surtout beaucoup de bien. J’ai eu raison de me lancer, car je suis loin d’être déçue ! 

Aussitôt ma lecture commencée, les phrases m’ont instantanément aspirées dans l’histoire où je fais la rencontre de Réha, une jeune fille de seize changée à jamais suite à la mort de sa mort un an plus tôt et à la distante prise par son frère jumeau. Avec une plume magnifique, Cindy Van Wilder réussit avec adresse à peser un ressenti puissant sur chaque mot écrit. Je ne m’attendais guère à ce genre d’écriture !

En plus, l’auteure nous place face à une intrigue très déstabilisante où on essaye sans cesse de connaître la vérité, même si celle-ci s’avère être plus compliquée que prévu. Tout au long du récit, cela m’a tenu en haleine au point d’en arriver à ressentir la même chose que Réha au moment de la lecture ; frustrant et drôle à la fois. 

« Nous sommes des créatures éphémères qui rêvons d’éternité. Des créatures fragiles aussi, que la vie ne ménage pas. Chaque jour, nous devons vivre avec le poids de notre mémoire. »

En ce qui concerne les personnages, Cindy Van Wilder a trouvé un juste milieu pour tous les personnages présents, c’est-à-dire, ni trop cucul la praline, ni trop badass. J’ai eu beaucoup de compassion envers Réha, le personnage principal au caractère bien trempé. Elle courageuse et prête à tout pour saisir le vrai du faux.  L’air de rien, je pense que celle qui m’a le plus bufflé dans cette histoire est Holly, la soi-disant « Miss Parfaite » qui s’avère être très utile et surtout, intelligente. Sa détermination à ne rien lâcher est plus qu’inspirant. Elle est très loyale. Bien que tout tourne autour de Réha, son frère jumeau Aiki est finalement le coeur de l’histoire. Manipulé un an plus tôt par son propre père, il est piégé dans son propre corps. C’est un personnage très touchant que l’on a tout simplement envie d’aider et petit à petit, on pardonne sa froideur. Kassa, le père des jumeaux, est une personne soif de pouvoir et qui pourtant, reste coincée sur son île Star Island. Peut-être qu’avec Mike, ils regrettent ses gestes et expériences, mais ce qu’ils ont fais est odieux et impardonnables. 

Pour moi, ce roman est bien plus qu’un thriller jeunesse (/ young-adult) puisque l’auteure met l’accent sur une réalité sanglante : la manipulation scientifique. Le clin d’oeil fait au Prométhée moderne (ou à Frankenstein) est très agréable ; j’ai beaucoup aimé !

« Puis j’ai réalisé que la haine ne m’était d’aucun secours. Qu’elle me ramenait toujours au passé alors que je voulais désespérément avancer. »

En conclusion, j’ai eu un réel plaisir à découvrir et à lire ce livre. C’est un bijou et en vaut clairement le détour. Inattendu, c’est un coup de coeur pour ma part ! ♡

 

Chronique | « Journal d’un vampire en pyjama » de Mathias Malzieu

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Auteur : Mathias Malzieu 

Editions : Albin Michel

Sortie : 2016

Genre : Contemporain, autobiographie

Pages : 233

Synopsis : « Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »


Connaissant l’auteur de nom, j’ai voulu le découvrir avec ce roman autobiographique durant le challenge « Week-end à 1000 ». 

Mathias Malzieu a vécu deux années de m**de, c’est le cas de le dire. Deux ans qui ont changé la vie à jamais. Bien que cela soit autobiographique, j’ai ressenti comme une rétrospective de mon parcours (dont je n’irai pas pour loin) lorsque j’étais plus jeune. Cet homme est inspirant à tout point de vue !   

« Le Rock’n’ roll, c’est une oasis d’adrénaline pour enfants perdus. »

Même si cette aplasie médullaire le transforme en une personne pale et soif de sang, l’auteur a su garder un moral d’enfer et te donne envie de te battre, surtout dans les moments les plus bas. Il est une source d’espoir. Suite à mon passé, j’ai su immédiatement m’attacher à lui et à comprendre ce qu’il a traversé, aussi bien les hauts que les bas. 

Ce vampire en pyjama  a cette manière poétique et prenante à raconter ses aller-retours à l’hôpital durant plus d’un an et demi. Du début à la fin, tu as envie d’être à ses côtés dans cette chambre stérile afin de l’encourager et de lui dire que tout ira bien. A plusieurs reprises, je me suis revue dire quasiment les mêmes paroles et de faire rire les nymphirmières (c’est voulu).

« Je suis rescapé d’un crash en moi-même. Les papilles gustatives de mes émotions sont en alerte maximum. Le normal correspond à l’extraordinaire. »

Puissant. Je ne regrette pas de l’avoir découvert avec son histoire personnelle. Sans hésitation, ce roman me suivra lors de mes séjours à l’hôpital.  Ma note finale est de 20/20, puisque cette lecture a été un véritable coup de coeur ♡

Ps : Je m’excuse de ma courte chronique, mais le principal a été dit! 

 

Chronique | « Le sel de nos larmes » de Ruta Sepetys

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Titre original : Salt to the sea

Auteur : Ruta Sepetys

Editions : Gallimard

Sortie : 2016

Genre : Historique, jeunesse

Pages : 465

Synopsis : « Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées. Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre. Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté… »


Après Big Easy qui m’avait bien plu, mais pas transcendé, j’étais à la fois excitée et craintive pour ce nouveau roman qui s’est avéré être une réussite ! 

Dans ce roman, Ruta Sepetys nous livre la plus grande tragédie maritime sous quatre points de vue. A mes yeux, l’auteur a deux grandes particularités qu’elle a su, de nouveau, mêler à la perfection. Faire vivre des personnages de fiction dans une catastrophe oubliée n’est pas donner à tout le monde, surtout au temps de la seconde guerre mondiale. Cette période, dont elle semble en être bien informée, est un peu son « dada » et c’est toujours un bijou. 

Je vais être honnête :  une légère angoisse m’avait envahie au début de la lecture pour la narration à quatre voix, car c’était une première pour l’auteur. Heureusement, c’est un sans faute. Entre culpabilité, confiance, survie, Ruta Sepetys nous conte l’histoire de quatre adolescents, livrés à eux-mêmes, qui ne sont pas si différents les uns des autres. 

« Au moment même où l’on croit que la guerre nous a pris tout ce qui nous était le plus cher au monde, on rencontre quelqu’un et on se rend compte qu’on a toujours plus à donner. »

Quatre voix, quatre personnages. Joana, Florian, Emilia & Alfred sont assailli par un passé qui les traque, la peur, le froid et une guerre interminable. Joana a une personnalité de battante et ambitieuse qui a fait que je me suis de suite attachée à elle. J’ai beaucoup apprécié le petit clin d’oeil à Lina, personnage principal de son premier roman Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre. Florian est le genre de garçon très mystérieux que j’ai tendance à apprécier puisqu’il est ni tout rose, ni tout noir. La mission dont il est chargé l’aide à avancer et à trouver une espèce d’échappatoire. Emilia a eu toute ma pitié durant toute la lecture puisqu’elle est enceinte très jeune. Une grossesse qui pose des questions et qui, au final, fait ressortir une atrocité. Tristement, Alfred se révèle être pour moi l’être qui est là au bon endroit, au bon moment, et ça s’arrête là. Son histoire est presque inexistante ce qui m’a laissé sur ma faim.  

Durant leur voyage afin d’embarquer sur le Wilhem Gustloff, quatre autres personnages sont présents. Le Poète de Chaussure, Heinz, est un homme sage, à figure paternelle, divulguant une lueur d’espoir dans la pénombre de cette atrocité. Parce que dans toute histoire, il y a l’insupportable : Eva en est la preuve. Cette femme est odieusement agressive et arrogante. Mais d’un côté, on ne peut pas lui en vouloir tant que ça au vu de l’horreur qu’elle vit. Klaus, Le Petit Enfant Perdu, est un petit garçon dont l’innocence a été à jamais détruite ; la vie n’est pas aussi belle qu’elle en a l’air… Ingrid, aveugle, a le don de voir/deviner ce que sont réellement les gens et non ce qu’ils décident de montrer. 

« Une mère, c’est une ancre dans la vie. Une mère, c’est un réconfort. Une mère, c’est un chez-soi. Une fille qui a perdu sa mère n’est plus qu’une minuscule embarcation sur une mer déchaînée. Il y a des bateaux qui finissent par atteindre le rivage. Et il en est d’autres, comme moi, qui semblent s’éloigner toujours davantage de la terre ferme. »

Histoire dévorée en seulement quatre jours, c’est un véritable coup de coeur ; s’il existe un niveau plus élevé que le coup de coeur, alors je prends. L’ambiance, les personnages, l’écriture. Tout était parfait. Ma note finale est de 21/20 (oui, oui, vous avez bien lu). Si vous n’avez pas encore lu un roman de cette auteur, je vous le conseille les yeux fermés!